Améliorer son intelligence émotionnelle grâce à la généalogie
Quelle reconversion à 50 ans quand on a perdu le sens de sa carrière ?
Quelle reconversion à 50 ans quand on a perdu le sens de sa carrière ?

Quelle reconversion à 50 ans quand on a perdu le sens de sa carrière ?

La perte de sens après 30 ans dans la même entreprise

Ce 14 janvier, j’ai enfin officialisé auprès de mon hiérarchique mon envie de changer de poste. Et éventuellement éventuellement envisager une reconversion professionnelle. Effectivement, aujourd’hui, je sens que je suis arrivé au bout d’un cycle. J’ai perdu le sens de mon travail. La seule chose à laquelle je pense désormais est l’instant où je pourrai partir à la retraite. La date du 16 janvier 2031 est devenue presque une raison de vivre — ou devrais-je plutôt dire de survivre — dans ce monde professionnel pour lequel j’ai perdu la foi, la flamme.

Comment en suis-je arrivé là, au bout d’une trentaine d’années dans la même entreprise ?

J’ai ressenti, au mois de décembre, comme une période de renouveau, de grands changements. C’est comme s’il y avait eu plein de signes me disant qu’il était temps de passer un cap. J’ai ressenti l’importance de rendre mon logement pour m’installer définitivement à Paris et m’occuper de ma mère. Ceci, non pas dans un sens de devoir ou d’obligation, mais par envie, par cohérence avec mes choix. Au travail, suite à une discussion avec mon dirigeant de proximité, j’ai aussi ressenti le besoin d’enfin enclencher des choses. J’ai ressenti la nécessité faire des choix importants pour moi, pour mon équilibre.

Deuil familial et déclencheur de changement

Il y a trois mois, en septembre, j’ai perdu mon oncle Gérard, à l’âge de 89 ans. Cela a été difficile à vivre, car il était l’un dernier pilier masculin de ma vie. Gérard et sa femme Raymonde, atteinte de la maladie d’Alzheimer, sont indissociables de mes souvenirs joyeux d’enfance. Une enfance dans laquelle la Famille, avec un grand F, avait toute son essence. Ma famille est mon carburant, ma raison de vivre. Cette famille qui est la fondation de mon être. La disparition de Gérard, le 12 septembre, a fragilisé cet édifice familial que je m’étais insidieusement construit. Il s’en est alors suivi une période de deuil, avec une étincelle, un signe, une évidence. Il fallait, alors que je redémarre autre chose en décembre.

Pourquoi envisager une reconversion professionnelle à plus de 50 ans

Évidemment, je reste Philippe, avec toute sa personnalité, et sa complexité. Mais finalement cette analyse reste cohérente avec tout ce que j’ai appris ces dernières années par le biais de la psychogénéalogie ou de l’Ennéagramme.

Mais alors, pourquoi ai-je besoin aujourd’hui de faire ce point, à quelques jours de cette journée d’immersion pour un poste de magasinier ?Plusieurs choses me tracassent.

D’abord, le sentiment de déclassement, car je pense que c’est le genre de poste que n’importe qui pourrait occuper.

Ensuite, la déception et l’incompréhension face au fait qu’on ne me propose pas un poste plus en phase avec ce que je souhaite. En effet, je vise un poste de bureau, plus tranquille, qui puisse me permettre d’être en télétravail plusieurs jours par semaine car j’ai fait ma part sur le terrain en tant que technicien. Finalement, j’envisage une reconversion professionnelle douce.

A contrario, si ce poste m’avait été proposé après mon brown-out, j’aurais signé tout de suite, car il était proche de ma volonté de m’éloigner de mon encadrement néfaste.

Brown_out

C’est sûr que l’idée de lâcher mon poste actuel est intense, car je ne me reconnais plus dans l’ambiance générale. Je n’ai, je crois, plus aucune motivation pour mon poste actuel. Les dernières réorganisations, l’ambiance malsaine qui en découle, les petits chefaillons aux dents longues ont eu raison de mon intérêt pour ce poste.

Psychogénéalogie : comprendre les cycles invisibles de ma carrière

Par conséquent, je suis actuellement en plein cheminement et je n’ai encore rien décidé. C’est pourquoi j’ai choisi de faire un point par le biais de la psychogénéalogie puis de l’ennéagramme afin de mieux comprendre les enjeux de ce qui se joue actuellement dans ma vie.

En étudiant mon arbre généalogique, j’ai mis en évidence des périodes clés. Comme le mois de septembre, où de nombreux décès de personnages clés de mon univers familial ont eu lieu. Ainsi, septembre pourrait marquer la fin d’un cycle, la fin d’une branche, une transition vers quelque chose de nouveau.

Le mois d’octobre, notamment autour du 16-17 octobre, serait symbolique d’un passage de témoin, de rupture. Avec comme symboles le décès du grand-père de ma mère (figure centrale et bienveillante de son enfance). Puis le décès de son oncle, et ma naissance — ou celle d’un autre aïeul — autour du16 octobre également. Le lien fort de ma mère avec son grand-père, et aujourd’hui le lien que j’ai moi-même avec elle, ou que je ressentais pour sa tante, me relient indéniablement à cette partie de ma famille. Je me sens investi de faire perdurer l’histoire familiale. Mon arrière grand-père est mort le 16 et moi je je né le 17. Le lien est quelque chose d’essentiel pour moi.

Mise en lumière des cycles

Le parallèle avec ce que je vis actuellement est la mise en perspective de la fin d’un deuil. Cela provoquant un besoin de renouveau, de reconversion professionnelle : à la fois la continuité, mais en changeant des choses.

Le mois de novembre, dans ma généalogie, est symbolique de rupture et de changement de statut. C’est effectivement le 25 novembre que j’ai eu rendez-vous avec mon dirigeant de proximité. Et nous avons fixé la date du 14 janvier pour un rendez-vous avec le directeur d’unité. Depuis ce premier entretien, il s’est produit une véritable rupture dans ma tête. J’ai symboliquement complètement décroché de mon travail, comme si cela avait scellé la rupture avec mon poste. Ensuite, le rendez-vous a eu lieu le 14 janvier, initialement programmé le 13 janvier, date d’obtention de mon permis de conduire, représentant la liberté d’aller et venir à sa guise. Je suis libre d’aller où je l’entends. La reconversion professionnelle alors prend tout son sens.

Le poids du prénom et de la transmission familiale

Poids du prénom et transmission familiale

Si j’analyse Philippe en langue des oiseaux, je peux le décomposer en deux parties.

D’abord Phil, comme le fil à coudre, et Lippe, comme la lèvre en anatomie. C’est comme si la mission de Philippe était de se taire. Ou bien, à l’inverse, de faire la lumière sur des secrets familiaux ou des non-dits.

L’analyse plus fine du prénom indique que Philippe agit comme un stabilisateur, cherchant à maintenir l’équilibre et l’honneur du clan, souvent en mettant de côté ses propres émotions. Il apparaît fréquemment dans des familles où l’image sociale a été bousculée, chargé de restaurer une forme de respectabilité. Ainsi, la première partie de cette analyse me parle beaucoup. Elle fait sens avec ce que je traverse en ce moment, notamment en tant qu’aidant familial. Et puis, la deuxième partie résonne aussi fortement en moi. Effectivement, depuis des années, je ne cesse d’espérer de réussir à me restaurer une image de respectabilité.

Reconversion, respectabilité et quête d’équilibre

Je ne suis pas sûr que ce poste de magasinier me permette de me sentir respecté. À l’inverse un poste au siège de l’entreprise m’aiderait sans doute à mieux appréhender cette notion de respectabilité.

Reconversion professionnelle, changer de vie sans renier son histoire

Finalement, est-ce que l’univers ne m’envoie pas ce signal pour m’ouvrir les yeux et me battre. Mais aussi pour retirer ce fil invisible que j’ai sur les lèvres ? Et si, pour moi, le tournant ressenti au mois de décembre était une façon de me faire comprendre qu’il est temps d’oser « enfoncer des portes » pour trouver la paix intérieure, l’équilibre ? D’ailleurs, n’ai-je jamais été aussi heureux dans ma vie que lorsque je me suis investi, à fond, pour vaincre ma timidité et passer cet entretien d’embauche en décembre 1996 ?

Alors, même si cette analyse par le biais de la psychogénéalogie ne me donne pas les clés d’un choix éclairé, elle met en valeur des cycles inscrits dans le temps, des mécanismes de mise en mouvement de septembre à janvier. Aujourd’hui, avec ce retour sur ce qui s’est passé, j’y vois clairement un signe du destin. Un signe qui me dit que c’est le bon moment.

Aujourd’hui, j’ai 53 ans et me dirige cette année vers ma 54ᵉ année. Mon grand-père paternel est décédé à 54 ans. Mon arrière-grand-père maternel, avec qui je partage un lien de décès/naissance, est décédé en 1954 (année marquée par un triple deuil). Est-ce que ce ne serait pas le signe d’une rupture avec les chaînes de mon passé, d’une renaissance, d’un renouveau ? Plus que jamais cette reconversion professionnelle devient envisageable.

Je ne maîtrise pas le passé. Par contre j’ai le pouvoir de décider ce que j’en fais, de la manière dont je le transforme.

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